Ça y est : j’ai envoyé ma candidature pour un poste de traductrice pour une société qui a des agences aux États-Unis et au Pays de Galles. J’ai également assisté à ma première réunion pour me remotiver dans ma recherche d’emploi. J’ai appris pas mal de choses et ça m’a permis de positiver. Et beaucoup de petites idées se sont bousculées dans ma tête.

Apparemment, les choses s’améliorent tout doucement. On ne peut pas dire que je suis un véritable marshmallow dans mon statut de jeune diplômée au chômage 🙂

Ce qui me donne de la satisfaction c’est de donner des cours particuliers de français et d’anglais. Mes élèves ont de grosses lacunes et un suivi sur toute l’année s’impose. Je suis vraiment fière, en tant qu’ancienne élève, de pouvoir passer de l’autre côté de la scène éducative. Cela fait du bien à ma maigre confiance en moi, surtout l’estime en fait.

On passera sur la surveillance de devoirs et d’examens blancs. Mais bon, ça fait toujours du bien d’avoir une expérience pour dépanner un institut. Je pense déjà à janvier où il me faudra trouver d’autres ressources et d’autres missions.

Une autre satisfaction : mes progrès en polonais en tant qu’autodidacte. Je tiens à remercier la bibliothèque qui a souvent été un refuge, un repaire (ou repère, c’est selon). Les romans polonais non-traduits croissent, c’est du pain béni pour la « language freak » que je suis. 🙂

Il est temps d’aborder le thème du présent billet « schizophrénie psycho-sociale ». Je ne prétends avoir choisi le meilleur titre pour parler de ce qui me bouscule un peu depuis quelques jours, ou depuis toujours.

Comme mes proches le savent, je suis retournée vivre, contre mon gré mais forcée par la nécessité, chez mes parents en campagne angevine. Avec peu de moyens de transport. A une dizaine de kilomètres de la capitale de l’Anjou. Dieu sait à quel point j’ai pu me sentir comme la personne inadaptée et de trop dans cette région. Car je n’ai jamais réellement trouvé ce qui me rend épanouie et heureuse. Ma situation pourrait être bien pire. Et pourtant … Et pourtant, je me suis toujours très vite ennuyée et lassée ici. Ici, où je suis née, j’ai grandi et presque tout le temps vécu. Il m’arrive encore de m’imaginer déambuler dans les rues d’Édimbourg. Avoir vécu 9 mois (le temps d’une gestation, elle était très utile, assez douloureuse sur la seconde moitié du parcours) dans cette ville froide et grise m’a bien marquée. J’aimerais y retourner, mais j’ai peur des plaies qui se remettront à suinter. Plus que les meilleurs souvenirs que j’ai pu avoir … Quoique … J’y retournerais quand je serais prête.

Alors cette schizophrénie ? Imposée par la société, par ce malaise qui m’oppresse quelque peu, que ce soit par mes proches, ou la nécessité d’ailleurs. Je n’ai jamais eu des goûts très conventionnels. Bien que je ne sois pas la personne la plus déjantée ou excentrique. Je reste classique dans mon unicité et mon étrangeté. N’empêche, je dois exhaler une certaine aura qui rebute les gens …

Certes, j’ai énormément de mal à lâcher prise en société, surtout en groupe, et pire encore quand il s’agit d’un groupe d’inconnus. J’ai de plus en plus tendance à me méfier des femmes. Rivales, faux culs, hypocrites et jalouses, langues de vipères (pour ne pas dire langues de pute par certains moments). J’ai trop longtemps évolué dans des promotions féminines. Ça sent le soufre, l’arsenic, les mots polis à l’opium et badigeonnés de fiel et de bave de crapaud. De viles créatures (non, je ne suis pas misogyne). De mauvaises expériences avec des soi-disant amies. D’ailleurs, l’amitié chez moi c’est très flottant et en même temps très militaire.

Quid des hommes ? Mon opinion n’est pas forcément meilleure à leur sujet. Là encore mauvaises expériences. Mais je préfère leur compagnie quand le lien est dénué de toute ambiguïté. J’aime leur franchise, leur honnêteté, leur point de vue différent et intéressant.

Parlons franchement de cette schizophrénie. Je dois être présentable, conventionnelle, consensuelle, consommer et être belle, ne pas remettre en question ce pot commun qui fait qu’une société est uniforme, limite bourgeoise et bien-pensante. Être agréable, être une femme selon les codes. Oui, mais ce n’est pas moi. Je suis parfois vulgaire, mais cela vient du fond du cœur. J’estime (sans orgueil) être moins vulgaire qu’une pauvre fille décolorée, méchée et « fashion » qui mâche sans élégance aucune son chewing-gum et qui jure après quelqu’un. Les jeunes filles françaises se croient élégantes, mais ce n’est que de l’apparence (et du vent). La beauté est ailleurs, et je reprends bien la citation de mon cher Baudelaire « La beauté est toujours étrange ».

Baudelaire était un visionnaire. On rend consensuel  (néologisme copyright) l’étrange avec ces affiches de haute couture, de marché du luxe. L’étrange ne s’apprivoise pas, il est. J’ai toujours aimé le beau, et encore plus le beau quand il est mystérieux, unique, hors des conventions. Bien sûr, je ne peux pas tout aimer.

Ce qui me fait vibrer ne se trouve pas à la FNAC (ou rarement), ni dans les enseignes conventionnelles. Ceci dit, je peux trouver du beau dans ce que la société a implicement admis comme beau. Je suis un peu trop rock’n’roll et marginale pour beaucoup de mes amis ou de mes proches. Ils ont souvent digéré cette particularité qui est mienne :  » C’est l’adolescence, ça lui passera ». Désolée de vous décevoir, j’ai toujours mes CD de Marilyn Manson, Depeche Mode, The Sisters of Mercy, Das Ich, Celluloïde, Fire+Ice, Theatre of Tragedy, Sopor Aeternus and the Ensemble of Shadows et j’en passe. Je suis collectionneuse de CD, j’en ai 200 voire plus et j’en ai jamais assez. Pendant plusieurs années, la musique a été la meilleure amie. Je ne dilapidais pas mon argent de poche en sorties débiles avec des copines ni en vêtements (même si là encore la nécessité était omniprésente, merci maman), mais en produits culturels. A chaque fois que je revenais de mes achats, mon père me demandait ce que j’avais acheté, regardait et me rétorque : « Encore de l’argent foutu par la fenêtre ». Moi amatrice de cultures (underground et alternatives) issue d’un milieu prolétaire nantais entendre cela, un fossé s’est irrémédiablement creusé entre moi et mon terreau familial.

Depuis environ deux ans, je suis plus assagie. Vestimentairement parlant. Pas dans mes idéologies néo-romantiques et post-révolutionnaires. Je dirais même que je suis plus extrême dans certaines de mes opinions. Ce n’est pas pour autant que je vais les imposer. J’aimerais seulement qu’on m’écoute et qu’on essaie de me comprendre. Parce qu’il faut bien l’avouer, ce n’est pas moi qui vais changer le monde. Je l’analyse, je cherche perpétuellement à comprendre pour mieux accepter la réalité qui m’entoure (et qui parfois me prend la tête), mieux m’entendre avec mes concitoyens.

Or, je cherche à établir des passerelles. Et la personne en face me baffe avec la violence de ses préjugés, souvent de son prêt-à-penser, de ses conventions qui au fond ne sont pas réellement les siennes. Romantique, soit je me braque, soit j’attaque (pour contre-attaquer, je suis une guerrière un peu impulsive, n’est-il pas ?)

Faire des efforts ? Je vous vois venir, je l’ai déjà fait et c’est fatigant parce que contre nature dans certains cas. Et combattre sa nature … Il n’y a pas que moi qui doit se remettre en question.

Entre ce qu’on voit, attend, désire de moi et ce que je suis vraiment, il y a parfois un fossé. Suis-je trop libre alors que j’aspire à plus de libertés ?

Je terminerai ce billet sur une assertion de Freud :  » La société est répressive », et ce depuis notre naissance. Parfois, ça a du bon, mais pas dans tout ce que je viens d’évoquer.

A bon entendeur !

"

  1. Hu hu, pareil quand j’ai commencé à me passionner pour le Japon ou Harry Potter. J’avais droit à « Encore des mangas/chinoiseries/bêtises japonaises/trucs de dégénérés asiatiques ???? ou Harry Potter, c’est pour les gosses. L’histoire est imaginaire, ce n’est pas réel, ce n’est pas la vraie vie !! (au choix selon le jour) Mais tu te rends compte de l’argent que tu gaspilles avec ces conneries ? Tu le regretteras dans quelques années, tu ferais mieux de le mettre sur un compte épargne !!! »
    Et bien non papa, maman, 13 années plus tard, je lis encore des mangas, me passionne toujours pour la culture d’extrême orient et de mon sorcier fétiche et je ne regrette absolument pas d’avoir acheté des collections entières de mangas aujourd’hui disparues et que je pourrai faire lire à mes enfants ! Na !
    Ce qui me sidère, c’est qu’au bout de 13 ans mes parents n’ont toujours pas compris : « Tu te rends compte que tu as 25 ans ? A ton âge, on ne lit plus de bêtises pour enfants et on ne regarde plus de mangas … » C’est vrai, maman. A mon âge tu étais déjà mère, tu n’avais aucun rêve aucune passion, t’avais déjà 50 ans dans ta tête …
    Comble de la contradiction, mes parents me reprochent de lire des choses qui ne sont pas réelles (ils sont complètement contre l’irréel et détestent tous les films/livres de science-fiction, fantasy bref tout ce qui ne peut pas vraiment se passer dans la réalité), mais quand j’ai commencé à m’intéresser à la criminologie et plus particulièrement aux tueurs en série et aux enfants/adolescents tueurs (un sujet très réaliste, puisque réel), je me fais engueuler parce que c’est glauque et morbide, alors que je trouve la psychologie de ces personnes fascinante. Bref, je pense qu’ils sont surtout frustrés de voir qu’à la place d’une fille fashion, sexy, qui met des mini-jupes et horriblement banale, ils ont eu un garçon manqué, qui voue un véritable culte à l’argot, et se passionne pour tout ce qu’ils détestent (la culture Asiatique, la fantaisie, le farfelu …). Parfois j’ai l’impression qu’ils sont déçus, mais bon je préfère ne pas y penser.

    • Pour les miens, ils n’arrivent pas à se faire que je puisse écouter des musiques alternatives, que je jure parfois comme un charretier (on a également des origines ouvrières, non ?), que mon style est parfois trop hors norme (je ne porte ni tatouage ni piercing, je reste sobre comparé à certaines personnes) et que les entreprises ne daignent pas me donner une chance (ma mère qui veut absolument que je devienne prof, ceci n’est pas dans mes plans)
      Ils vont s’étouffer le jour où j’aurai les moyens de m’acheter un livre dont j’ai oublié le titre qui traite le sujet des bourreaux en France. Et oui, les exécutions capitales, ça m’a toujours fasciné car donner la mort à un condamné n’est pas une histoire anodine ! J’avais également abordé lors des TPE les tueurs en série. Oui, le côté psychologique est fascinant. Au lieu de hurler que c’est horrible, il faudrait peut-être creuser pourquoi certaines personnes ne vivent que par ou pour le crime sexuel ou violent.

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