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In French

Chers lecteurs (ou à moi-même, j’ai l’impression vivace d’écrire sur le Net mais qu’en fait je suis un peu dans la même situation que Cassandre), voici un blog en français (je sais, j’ai trop la flemme mais l’hiver et le stress ont consumé mes forces vives et il me reste à me reposer et à me ressourcer, ce que je fais actuellement.)

J’ai décidé de publier en français sur plusieurs choses : pêle-mêle, on va retrouver les païens et païennes qui soit se croient prêtres et prêtresse de je ne sais quoi (j’ai beau être une personne en quête perpétuelle de spiritualité, il n’en reste pas moins que je suis également une personne sceptique prête à tout remettre en question), soit les païens néo-fascistes, racistes, plus que patriotes, très passéistes, les personnes qui disent aimer les animaux (et qui en plus sont païennes) mais qui en consomment et pour qui la boustifaille à la gauloise (je caricature à peine) représente un mode de vie et une pensée païenne alors qu’eux-mêmes disent que le paganisme c’est d’aimer la nature et de la respecter (ils ont dû juste prendre Gaïa et le reste est superficiel). Pêle-mêle, on va aussi trouver les métalleux, les gothiques et les végéta*iens et végans. Pour le moment, je n’attaque pas trop les minimalistes ni les personnes dans la démarche du zéro déchet. Voilà, l’introduction est terminée, passons aux hostilités.

J’avais déjà envie (si ce n’est déjà initié en fait) de tacler (pas par méchanceté, mais par colère) les païens (je me considère comme polythéiste, et encore, je serais peut-être plus hénothéiste, mais si on se réfère au titre du post, j’ai décidé de jeter à la poubelle toutes ces étiquettes). Pourquoi tacler les païens alors que je suis entrée dans le paganisme depuis environ 4 ans ? Tout simplement parce que pour certaines personnes, elles ont découvert la lumière, peut-être même la voie de leur vie (et tant mieux pour elles) mais qu’il y a quelque chose qui au fond de moi m’a interpellée.

Je me souviens en particulier d’une personne qui est entrée assez jeune dans le paganisme et la « sorcellerie » (elle préférerait parler de « sourcellerie »), bref on va parler de spiritualité « alternative » (cette personne expérimente en peu d’années divers courants et libre à elle de faire ce qu’elle veut mais je suis sceptique et j’y vais au fond d’elle comme une frustration dans sa vie réelle qui se reflète dans sa pratique ; soit, cela doit être le cas pour une partie de ces personnes). Qu’elle soit attirée par divers courants, je comprends mais à la longue, je me demande si le fait de toujours acheter du matériel, des pierres, des ouvrages et de tester une nouvelle pratique (spirituelle, de développement personnel, etc) ne relevait pas plutôt d’un phénomène complexe au niveau psychologique (et spirituel pour le coup). Je vais prendre sa défense pour montrer qu’aussi dans la vie on peut se tromper, prendre un chemin pour tester et en retirer une quelconque leçon, juste pour voir, et puis on repart sur un autre chemin car il y a une sorte d’insatisfaction. Comme si ce n’était jamais assez, comme si également on n’avait pas atteint une transcendance, comme si on en avait jamais assez.
A ce moment-là, je pense à mon ex qui se disait « magicien » (ou « sorcier ») et qui était également magnétiseur (lecteur de cartes, il avait étudié le Tarot, par exemple). Une fois qu’on entre dans le monde de l’ésotérisme (ah voilà, c’était ce mot-là précisément qui me manquait ! Damned!), on ne peut plus faire machine arrière et il y a comme une sorte d’ivresse à être dans ce monde, qu’il est nécessaire de bien se protéger. Soit. Personnellement, étant inculte et venant d’une famille modeste et dont la culture est modeste mais pas abrutie non plus (désolée si mes ancêtres sont choqués par mes termes, je ne compte pas les offenser), je n’aurais jamais cette prétention de détenir un savoir, une expérience qui ne seront jamais les miens. Je préfère faire preuve de prudence et de modestie. Et j’ai mon propre chemin. Au Diable les étiquettes, les chemins tout tracés, les dogmes, mes règles. Oui à l’appropriation personnelle, sans pour autant faire preuve de bêtise. Soyons honnête et authentiques. Tant qu’on le peut.

Je m’égare. Alors je récapitule : les païens qui se permettent de te faire la morale, qui ne t’écoutent pas. Mais il y a un point plus grave que je souhaite aborder de suite. Je voudrais parler d’un certain groupe Facebook (il y en a sûrement d’autres mais j’ai en tête un groupe en particulier) qui prêche un paganisme libre, mais bizarrement très orienté pro-Europe (pourquoi pas mais les publications sèment un étrange sentiment qu’on est en présence de personnes aigries de ce monde et qui ne voit que le côté négatif de ce monde, certes, en perte de repères et de valeurs mais la faute aux médias et à plein d’autres paramètres) et dont les commentaires sont parfois plus douteux : on assiste à un océan d’insultes envers les « bobos » (l’insulte suprême pour ces supers guerriers qui se sont trompés d’époque), les « gauchistes », on a aussi des références aux « bronzés » (quand l’administrateur poste des vidéos de chants russes ou cosaques), les Africains, les « bougnoules » et autres « yupins » (comprendre les Juifs). On se demande qui sont ces gens. Pour moi, il y a de la provocation et un sentiment de Frane profonde qui ne se manifeste pas facilement, soi-disant cultivée mais dont les esprits baignent souvent dans les idées nauséabondes.
Ce qui est amusant c’est ce soi-disant amour de la nature mais on ne crache pas sur la charcuterie, car attention le Français est un Gaulois. Sérieusement ? D’une, je pense que l’image du Gaulois est plus que fantasmée ainsi qu’erronée, mais qu’en plus on ne prend dans nos racines et origines que ce qui nous arrange pour faire passer l’idéologie dangereuse de la race pure européenne (surtout pas de métissage ouhlala sinon on va perdre notre culture ? Et la liberté de vivre et d’amour dans tout ça ? Ton cœur a des yeux tels des scanners de code-barre ?
Ce qui est encore plus risible (étant féministe), c’est le genre de publication émanant d’un autre groupe Facebook « Filles d’Europe » où on voit des images vantant la beauté académique du peuple slave, ou du peuple scandinave, ou du peuple balte, ou encore du peuple celte. Bref, la femme se doit d’être belle, féminine mais avec une once de détermination (surtout chez les Scandinaves, car il y ait les Skjaldmö). On est proche de la représentation de la femme chez les monothéistes du Livre, sauf que dans le paganisme, elle a un rôle moins de « ménagère » soumise mais la féministe que je suis trouve que la représentation de la femme faite par ce groupe vantant un paganisme un peu trop patriotique est encore trop « judéo-chrétienne » : la femme est maîtresse du foyer, elle assure la bonne entente mais bon sang, elle n’est pas subalterne à l’homme non plus. Disons également que les rôles de chaque sexe se retrouvent bouleversés depuis environ 40 ans.

Alors si c’est ça être païen (et moi je m’obstine à m’appeler polythéiste, ça fait moins païens contre chrétiens et autres monothéistes du Livre), je trouve que ces paganisme aux relents racistes et discriminatoires se tirent une balle dans le pied. Et je ne vais perdre mon temps avec ces gens.

Finalement, je pensais quitter l’Eglise pour en retrouver une autre. Et si j’étais une « sorcière » (le terme est mal choisi) solitaire ? Parce que le druidisme que je voulais tester me paraît assez erroné alors que mes origines sont celtes.

Je passe du paganisme aux musiques dites « sombres ». J’ai pas mal de contacts sur Facebook qui sont dans la culture dite « gothique » (oui car ça ne veut plus trop rien dire). J’ai longtemps beaucoup écumé énormément de forums dits « gothiques » voire métalleux (parce que j’écoute aussi du métal, moins qu’à une époque) et certains commentaires m’ont mise mal à l’aise, certains sont aigris de la vie et si c’est ça être gothique, en plus d’être plus que nostalgique et d’oser tout le temps dire que la vraie musique gothique, c’est le duo post-punk/coldwave et qu’on ne va même pas voir les autres styles des autres cultures, je suis désolée mais moi qui pensais trouver des gens cultivés, intellectuels, posés, intéressants et ouverts d’esprit, je me suis lourdement trompée. Ou alors je n’ai pas trouvé les bonnes personnes. A croire que les bonnes personnes sont très rares.

Les gothiques, raffinés ? Juste par l’accoutrement, et encore. Cultivés ? Ce serait dur de ma part de l’affirmer mais certains et certaines, tu as envie de leur dire qu’ils feraient mieux d’aller claquer 100 euros en livres et CD plutôt que dans les fringues du Grouft ou autre boutique (zut, le Grouft, ça existe encore ?).
Pour ce qui est de la musique, la musique gothique typique rock gothique dans la veine des années 80/90, je la trouve parfois très ennuyeuse, peu inventive. Pendant des mois, je me suis réconfortée avec de la dark/néofolk et un peu d’heavenly voices. Et beaucoup de métal, qu’il soit black ou du doom. Ou encore folk/pagan.
Pour arriver à la conclusion suivante : je suis bien plus qu’une étiquette : je suis un kaléidoscope de curiosités, d’envies, je ne suis pas monolithique ni monochrome (ah yes, je l’ai faite celle-là ^^). Pour preuve : j’écoute aussi beaucoup de jazz (mais ma culture est pauvre), de musique de relaxation, de musiques du monde (d’où le côté kaléidoscopique)

Les métalleux ? Je vais faire court, j’ai beaucoup de choses à dire (pas que sur eux) mais on a parfois droit à de beaux clichés. C’est un peu ridicule. Mais je suis persuadée qu’il faut un peu trier en fait.
Là où ça me gave c’est le type métalleux blasé avec son humour cynique, ses pseudo envies de suicide, le monde est pourri etc. Si le monde est si pourri, c’est ton mode d’être ou tu es si mal que tu dois toujours le dire que le monde est pourri (bon d’accord, il y a pas mal de pourriture en ce monde mais si on se focalisait un peu plus sur le positif ?). Tu fais suer. Je ne te dirais pas de sourire mais plutôt de te confronter aux autres points de vue et que cela te fasse cogiter. Et ton putain d’élitisme, tu peux te torcher avec.

J’ai aussi été élitiste. Je nuancerais que j’ai une certaine curiosité intellectuelle, musicale, culturelle et que certes je ne connais pas tout (sinon je m’ennuierais) mais que je ne supporte pas toujours les imbéciles heureux, encore moins quand ils viennent me faire la morale ou me donnent la sensation d’être infantilisée.

Passons maintenant à la culture végane. Je ne sais si je dois parler de culture, de mouvement (car il y a un côté idéologique et politique). Je suis végétarienne à tendance végane car je suis en transition et je sais qu’elle va être longue. En effet, à la base je suis une « carniste » (oh le vilain mot !), une « viandarde ». Petite, j’adorais la charcuterie, le canard, la volaille, les sucreries et je détestais les légumes et je ne mangeais pas assez de fruits même si je les aime. Encore aujourd’hui, j’ai plus le réflexe de manger des yaourts véganes que des fruits crus (alors que ce sont eux les meilleurs pour ma santé de manière générale). Aujourd’hui, je dois avouer que j’ai dû craquer au moins 5 fois en 4 ans de végétarisme, j’ai eu des semaines où côté végétalisme j’étais plus bonne et d’autres où c’était la catastrophe et je le vivais mal.
Pour évoluer dans cette démarche d’abolition des produits animaux et d’origine animale dans ma vie de tous les jours, je n’ai pas été aidée par ma famille ni par mon compagnon, puisque je suis la seule végéta*ienne dans ma famille et ma belle-famille. Et c’est dur. Le fait que cela soit aussi dur a fait de moi un personnage sec et buté mais en ce qui concerne les produits laitiers, je suis encore souple. Mais tout de même, c’est difficile, surtout pour les fêtes de fin d’année.
Ce que je trouve difficile c’est de suivre les nouveaux posts et commentaires sur Facebook, car le réseau social me propose d’entrer dans plusieurs groupes afin de m’aider à abandonner petit à petit (certains aimeraient tout de suite) les produits d’origine animale. Je me suis rendu compte que certains véganes ne valaient pas mieux côté what the fuck que certains « omnivores » (on pourrait appeler certains « carnistes ») côté bêtise et entêtement.
Là tout de suite maintenant je ne vais pas rentrer dans les détails mais une chose sur laquelle je ne lâcherai pas le morceau c’est que manger de la viande est un choix personnel. NON ! Puisque la viande provient d’être sentient et intelligent, le manger n’est plus un choix personnel car on a mené la bête à l’abattoir, le plus souvent sous la contrainte, la violence. La viande est le résultat d’une violence qui est complètement aseptisée, voilée, cachée. Et le pire c’est que tout le monde (même moi après 4 ans de végétarisme) souffre de dissonance cognitive. On aime les animaux de compagnie mais par contre il est normal (clin d’œil à Cristina Cordula qui était interviewée par Jean-Marc Morandini) que ces animaux-là meurent pour nous. Je repense aux dires d’une personne dans ma belle-famille « la bête se sacrifie pour nos besoins ». NON ! ON la sacrifie pour nos besoins, on la soumet à nos soi-disant besoins alors qu’il a été prouvé qu’on peut se passer de produits carnés (encore plus vu la pollution qu’on a causé sur les terres, dans l’air et dans les océans) et même de produits laitiers.

Tout ça pour faire un constat plutôt amer : j’ai côtoyé plusieurs mouvements/cultures pour en finir presque dégoûtée. Et pourquoi ? Parce que l’être humain est très ambivalent et qu’en groupe, il peut parfois révéler sa pire facette.
Qui suis-je ? La somme de toutes ces expériences ou ce constat qui a pris 10 bonnes années de ma vie et qui me mène davantage à entrer dans une sphère où le développement personnel, la remise en forme, la nutrition, l’écologie et le droit des animaux ainsi que le mieux-être ? Quelle serait la prochaine étape ?

Suite au prochain post ?

PS : n’hésitez pas à réagir, j’aime interagir 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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À propos de Sighild

Une Celte passionnée, analysant parfois trop mais pour approcher toujours plus la sagesse, curieuse et toujours avec des idées parfois farfelues. Végéta*ienne, mélomane, poétesse et renouant (autant que possible) avec la Nature et ses cycles. Ce blog est mon repaire, parfois un peu fantasque, échevelé, alambiqué et souvent très spontané. A vegetarian/vegan Celtic lady, roaming on the Earth and a stargazer, passionate, sensitive, sometimes a warrior. This blog is my lair where I play with concepts, words, thoughts and dreams.

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  1. L’article étant si fourni qu’il y aurait fort à dire (en confirmations et infirmations). Je me contenterai d’une remarque : vous dites que « manger de la viande est un choix personnel ». Il ne l’est pas, puisque la société y incite (à moins d’avoir des parents végétariens, l’enfant ne peut guère y échapper). Par contre, ne pas en manger en est assurément un, puisque le monde animal lui-même y a souvent recours (les animaux herbivores sont minoritaires), et ce, de façon parfois fort cruelle (le fonctionnement de certains insectes donne la nausée). Et, pour revenir à l’être humain, c’est la façon dont on tue l’animal qui relève du choix de la façon la plus directe, car il y a un monde entre l’abattoir et cette ethnie africaine qui assomme sa proie et fait une prière pour s’excuser auprès de l’animal avant de l’achever. Ces derniers moeurs rappelent qu’on peut respecter l’équilibre de la nature, vivre en harmonie avec elle, et manger de la viande (dans un environnement qui ne permet pas une alimentation exclusivement végétale). D’autre part, on oublie trop que le moderne est étroitement dépendant de la société et de ses produits. Il ne cultive pas, ne cueille pas, n’élève pas, ne chasse pas (au sens alimentaire du terme) Consommer exclusivement tels ou tels aliments est un luxe dont l’importance lui échappe, du fait de sa sécurité quotidienne. Qu’on se rende compte que l’eau courante, l’eau elle-même, dont nous ne saurions nous passer, ne date en France que d’un peu plus d’un siècle ! Les exigences des uns et des autres, qu’il s’agisse de viande en sauce ou de steaks de soja, apparaissent ainsi pour ce qu’elles sont : des caprices d’enfants gâtés au cours d’un siècle d’avancée technique et de marchandisation industrielle de la nourriture.

    • Comme l’article est certes long (et il aurait pu l’être encore plus), je me permets de rectifier ce que j’ai pu écrire (à un moment où j’avais besoin de décharger).
      On dit que manger de la viande est un choix personnel : non, il n’en est pas un parce que la viande provient d’un être qui été vivant, sensible et sentient, doué de conscience et d’émotions (et d’intelligence). L’humanité tue des animaux pour se nourrir, il y a déjà une violence dans le fait de tuer un animal pour sa consommation.
      Pour les tribus qui n’auraient pas le choix, c’est en effet plus compliqué mais il y a déjà cette notion de respect. Chaque culture avance à son rythme.

      En revanche, dire que se préoccuper de manger des steaks de soja (et il existe des steaks d’autres céréales, merci de ne pas cantonner les VG à des mangeurs de soja, il existe une diversité dans la diète VG) est un caprice d’enfant gâté, je me permets de dire que non car militer pour arrêter l’exploitation et la maltraitance animales est un combat légitime, l’empathie n’est pas une faiblesse et on a le droit de militer pour un monde plus éthique et respectueux du vivant.

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