Fureurs et tremblements

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J’ai une pulsion en moi qui bat la cadence depuis 24 heures et qui me précipite à ouvrir mon laptop, à l’allumer et à reprendre le pouvoir sur mon blog. Au-delà de cette pulsion de blogueuse en perpétuel questionnement de soi et de l’Univers (oui, avec une majuscule, cela fait plus philosophique et empirique, tout du moins, j’ose l’espérer), certains faits, certains manques, certaines absences, certaines incomplétudes de tout et n’importe quoi et mon côté éternelle insatisfaite offrent un champ de « bataille » plutôt intéressant mais je me sens le devoir personnel de le matérialiser avec mes moyens à moi.

Le voici ce champ de bataille, fureurs (les 4 fureurs : tapez ctrl F et taper dans la fenêtre de recherche « fureurs », vous comprendrez certainement mieux de quoi je veux parler http://www.let.osaka-u.ac.jp/france/gallia/texte/42/42hayashi.pdf)

Commençons par jeudi. Direction Nantes, un organisme pour l’accompagnement des cadres en recherche d’emploi. Jusqu’ici, tout va bien. Je rencontre une personne vraiment agréable et intéressante avant ce fameux atelier ; personne rencontrée auparavant dans les locaux du même organisme. Cela fait du bien de pouvoir s’entretenir, même dans une parenthèse de temps limitée, avec une personne qui est ouverte d’esprit et psychologue, avec qui je partage certains centres d’intérêts. J’aime énormément quand la vie m’offre ce genre de rencontres où je sens que mon cœur (je n’ose pas employer le terme « âme » ici, même s’il est vrai que je pourrais l’employer) s’élève et arrive par cette rencontre à se détacher momentanément de cette mécanique de tension et d’anxiété quasi-permanentes. Quand le Destin te fait une tape comme ça sur l’épaule, je ressent beaucoup de gratitude, une notion presque disparue de notre référentiel de valeurs, ou alors trop discrète pour apprendre à la connaître. Entrons dans cette grande tour de Nantes. Je ne sais trop à quoi m’attendre. J’ai parfois l’habitude d’aller à des réunions ou rendez-vous non pas à l’improviste mais à l’arrache. On rentre, je sens que le ton et l’atmosphère sont plus formels, moins enclins à l’échange avec ses voisins de table. A ce stade, je ne l’avais pas trop encore bien mesuré et inscrit à mon tableau de navigation (tiens, un terme bien à moi qui naît, allez, fêtons la naissance de ce terme très personnel qu’est le tableau de navigation, yeepppee !!! Sortez le chouchen !) que la session de trois heures se fera sans pause, avec un intervenant qui semble remettre à leur place les personnes de l’autidoire voire casser (mode Brice de Nice professionnel, que ce soit sur la forme comme sur le fond) du jeune diplômé. Autant vous le dire brut de pomme : cela me dérange et m’agace. Certes, j’ai fait du chemin depuis 2 ans et j’ai encore un long chemin à parcourir, à expérimenter. Est-ce que cela est nécessaire de me prendre des remarques dispensables et de sentir que cette personne fait tout pour vous déstabiliser et être le maître du jeu ? Non, je suis l’avenir (non, aucune arrogance de ma part, ne voyez pas de l’arrogance partout, sinon vous êtes un peu paranoïaque), le monde actuel a besoin de sang/d’air frais, d’idées nouvelles, d’une nouvelle conception du management. Bref, dépoussiérons ce champ de bataille entrepreneurial pour y injecter une nouvelle « moralité » (terme que je préfère prendre avec des pincettes depuis l’intervention hollandaise suite à l’affaire Cahuzac qui fera très certainement des petits).

Toutefois, ses conseils étaient bien bons. C’est seulement son medium (ou vecteur) qui ne me plaît, sa façon de se positionner comme un recruteur qui cherche toujours la faille et en est presque fier. Certains devraient prendre des cours de communication. Personnellement, c’est ce que je fais et j’y mettrai un bémol : la semaine prochaine, ça sera le dernier cours. L’intervenant est tellement intéressant et pareil pour le groupe que cela me frustre d’avance. Espérons que d’autres occasions puissent se présenter.

Retour à mes pénates. Je suis dans le TER. J’émets mon hypothèse à cette personne rencontrée auparavant par texto. Elle confirme mon impression qui avait bien besoin d’être tranchée. On parle etc. A un moment, je sens comme un cercle négatif autour de moi. Une dame me fait comprendre que ça ne se fait pas de parler comme ça dans le TER alors que je faisais mon possible pour ne pas parler trop fort. Ah oui mais où veux-tu que je m’isole pour parler ? Cette dame pète-sec et apparence bonne sous tout rapport (un peu catho bourgeois « moi je suis dans le droit chemin » etc) a eu le don d’apporter sa pierre à l’édifice de mon domaine de colère et de rage. Sont mal fichus ces TER. Ce que j’aurais fait à sa place : j’aurais tout simplement changé de compartiment. Retournons à quelque chose de plus substantiel.

Vendredi. Je me lève tôt et les jours prochains, même son de cloche. Je suis en mode portage de projet. Pas forcément la sensation qu’on me ressasse les données que je dois lire, intégrer, digérer, maîtriser. Plutôt cette angoisse que j’aurais dû le faire plus tôt et que je peux être en train de perdre de potentiels clients. Angoisse de m’engouffrer dans un marché digne de Kafka et colère envers le système universitaire qui ne fait rien ou si peu pour crever pour de bon sa bulle de stagnation. Sa bulle de stagnation, je vous la présente : que de la théorie, même si c’est un master professionnalisant ; au choix : trop de matière et tu en valides à peine la moitié, pas d’options pour te distinguer des autres, un personnel enseignant un peu trop décalé voir carrément bisounours et haut perché ; aucune session d’information sur le statut de demandeur d’emploi : on t’apprend à rester étudiant mais on ne te désapprend pas de tes vilaines manies d’étudiant pour que tu puisses te présenter comme professionnel et force proposition ; ta fac a bien l’air de s’en foutre de ce que tu deviens, surtout quand tu as payé une belle somme ; aucune sensibilisation à la presse spécialisée, aucune rencontre avec l’APEC ou tout autre association d’accompagnement des jeunes diplômés à la recherche du premier emploi ; ton stage, tu te débrouilles pour le trouver et pour l’avoir connu à deux reprises, même trouver un stage (et un bon, pas un miroir aux alouettes) c’est le parcours du combattant ; voilà entre autres mes griefs contre l’université. N’empêche, j’aime l’université pour ses bibliothèques. Cela s’arrête là.

Samedi, hop, lever tôt. Programme : cours de communication sur les RSP puis sortie sur le Japon. Le soir, j’enchaîne avec un dîner pour fêter le nouvel an khmer. Je voyage en Asie tout en restant dans mon petit département bien français. Est-ce un signe d’introduction pour reprendre mon baluchon ?

D’emblée, je suis à peu près qui je vais retrouver. S’il y a bien des choses qu’il serait bon de ne plus aborder avec moi, je vous les énumère : « alors, tu as trouvé du taff? » réponse intérieure : « et toi, tu peux ptet m’aider à m’en sortir ? On est amis non, tu as bien du réseau, je peux ptet intéresser une personne de ton réseau par mes compétences et mes aptitudes » ; « franchement, arrête de regarder les étiquettes, tu ne vis plus, de tout façon, faut bien mourir de quelque chose » réponse intérieure : « tu n’es pas ma mère, arrête de me faire la morale, j’arrive à la trentaine » ; « ah les végés … » réponse intérieure : « serais-tu capable de tuer toi-même l’animal ? As-tu conscience de l’état et du fonctionnement des abattoirs ? Tu sais, les protéines, tu en trouves AUSSI dans les légumes, fruits, céréales, graminées, légumineuses, etc. Tu n’as pas à juger mon mode d’alimentation, crois-tu que je me suis gênée pour te le dire ce que je pensais ? Non, alors prends-en de la graine (c’est le cas de le dire !). J’en passe et des meilleurs. Cette année 2013 est l’année de la transformation, c’est l’année du serpent et je l’apprends un peu plus chaque semaine qui passe !

Bon et alors, ce cours de communication ? Très bon, je suis pas mal intervenue parce que forcément, vivant dans un monde où tout est communication et qu’il existe plusieurs modes de communication que nous ne maîtrisons pas ou si peu, autant arrêter certains comportements et repenser sa stratégie de communication et d’auto-promotion. Je me suis pris en pleine figure un résultat que j’avais observé mais qui était resté dans les limbes d’un conscient léthargique. Autrement dit : il a fallu qu’on me fasse la remarque lapidaire et péremptoire en public pour que je comprenne que mon utilisation des RSP m’épuise et ne me servira à rien ou presque. Puis vient le sentiment de culpabilité et je vous passe les détails. Je m’en veux et n’analyse mieux dans un état de remue-ménage mental et je me prends d’autres avis. Nécessaire mais désagréable, surtout avec cet hiver qui ne veut pas foutre le camp !!!

Allons au Japon, pays du shintoïsme, du Shinkansen, de la cérémonie du thé et du shiatsu. Intéressée par les médecines alternatives et naturelles, je m’entretiens longuement avec une personne qui dégage une aura de paix et de sérénité. La communication passe bien et je suis de plus en plus intéressée par le shiatsu. On me propose un massage shiatsu. Pas évident avec la petite foule mais très enjouée à l’idée de tester. J’ai été conquise. Reste la barrière financière mais comparé à ce qu’on peut payer en séance d’acupuncture, je me demande si le shiatsu ne serait pas la méthode la plus adaptée, à compléter avec un peu d’aquagym ou d’aquabiking et mes essais en méditation et aromathérapie, à mes soucis de lombaires, etc.

Pour clôturer ma visite sur le Japon, asseyons-nous dans un coin très rikiki à la japonaise avec un vrai thé (pas les thés Dammam et autres cochonneries de supermarchés et hypermarchés) et un petit mochi au haricot rouge, j’en raffole 🙂 avec une intervention de Claude Leblanc pour présenter sa vision du Japon en tant que Français. Très intéressant et je n’ai pu m’empêcher de penser à la forêt hantée au pied du Mont Fuji. Envie d’aller à la rencontre des esprits japonais, de me revisionner Pompoko, animé que j’ai adoré, émouvant, très parlant et qui mérite de réfléchir sur le traitement que nous faisons subir à la Nature. (Et c’est à ce moment précis que je me demande si je ne vais pas ouvrir un autre blog pour parler davantage spiritualité).

Je rentre chez moi, réponse négative pour travailler dans les châteaux vendéens. Je suis déçue mais au moins, je ne vais pas perdre de temps à recontacter les RH pour cette candidature.

[Mettre Delta Machine de Depeche Mode pour se réveiller et accompagner la rédaction de ce blog, c’est thérapeutique et jouissif à un certain niveau créatif et spirituel]

Soirée. Nouvel an khmer. J’y vais avec des personnes que je ne connais pas : la magie du Web. Au départ, je me suis dit : dans quelle galère je me suis encore mise. Finalement, on a beaucoup parlé. Cela ne m’a pas rassuré sur une certaine structure et sur la bienveillance/malveillance des gens. Avant de partir, j’avais pu lire qu’une personne avait eu sa voiture vandalisée par des connaissance de cette plateforme. Monde de tarés dans lequel nous vivons, il serait temps que ça cesse, non ? Relativisons, même nos ancêtres dans l’Antiquité déploraient le déclin et la décadence de leurs jeunes. La décadence n’est pas seulement observable chez les jeunes, mais également chez les moins jeunes, les média, tout au final.

Nuançons, nuançons. La nuance, la clé à moins d’angoisses, de remises en question, à plus de sérénité et de détachement ? Je l’ose espérer.

Accueillons la semaine prochaine (très chargée les 3 premiers jours) à bras ouverts, j’accueille ce flot de mouvements, de vie, malgré la santé qui a du mal à suivre. O Hiver, retourne dans ta tanière et laisse-nous profiter du Printemps que tu emprisonnes dans tes serres froides et cruelles.

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