[Identité régionale] La Bretagne ou la France colonialiste

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Je suis Bretonne. Fière de l’être et ne parlant pas malheureusement ni le breton, ni le gallo (considéré comme un patois pas les bas-Bretons). Linguiste de formation, pour moi, après lecture d’un magazine sur la Bretagne consacré au gallo, la Bretagne est un Etat culturel fort trilingue : breton pour la Basse-Bretagne, gallo (langue romane) pour la Haute-Bretagne (Rennes et Nantes) et le français, langue des Jacobins centralisateurs et unificateurs (mais racistes et faisant preuve d’une morgue assassine envers les particularismes bretons).

Je suis Bretonne mais née en terre angevine. Les Angevins sont-ils des Français ? Peu de gens savent que les Angevins ont une langue, l’Angevin. Mais personne (en tout cas à ma connaissance) le parle. Les Angevins sont-ils des gens accueillants ? Dans mon cas, non. Je n’ai peut-être pas rencontré les bonnes personnes, quoique j’ai tout de même quelques amis nés en Anjou. L’Angevin aime sa douceur angevine. La douceur angevine ? Elle est humide, il n’y a pas la mer mais deux fleuves : la Maine (qui passe à Angers) et la Loire (qui passe au sud d’Angers, plus vers Saumur). Une rivière, la Mayenne, et d’autres cours d’eau (l’Authion, par exemple).

Je suis Bretonne, exilée en Anjou. Ce pays a-t-il des légendes connues ? Pas à ma connaissance. Je connais un peu plus les légendes de mon pays de sang et d’âme. Oui, tout pays a ses propres légendes. A l’Office du Tourisme d’Angers on peut voir un livre sur les légendes du pays angevin. Je n’ai pas été curieuse. Pourquoi ? Certes, le Val de Loire (pour élargir un peu) a de beaux châteaux, les bords de Loire sont agréables pour une promenade, la campagne est belle. Mais je ne ressens pas d’ondes dans ce pays. C’est tout le contraire en Bretagne : plus on se rapproche de la mer (jusqu’à présent mes coins préférés restent la côte de Granit et le Finistère et le pays au nord de Rennes), plus je sens que mon point d’ancrage ancestral est la Bretagne. Me prendre les embruns en pleine figure, quel bonheur !

Je suis Bretonne mais je ne suis pas une ultra, je ne suis pas une indépendantiste. J’aimerais seulement que la France se débarrasse de ses oripeaux de pays-capitale qui colonise les régions ayant eu ou ayant toujours une forte identité. Je ne pense pas qu’à ma Bretagne, je pense également au Pays basque, l’Occitanie (qui n’a pas qu’un parler occitan mais bien plusieurs), la Savoie, l’Alsace (qui n’a rien de bosche, n’est-ce pas Anémone !). Marie Drucker, lors d’un direct, avait osé informé les téléspectateurs de France 2 que le breton est un patois. Tollé sur la Toile ! Heureusement qu’elle a rectifié ses propos. Mais je lui en tiens rigueur. La culture ne se produit pas qu’à Paris. Son erreur montre encore à quel point la Province reste un vaste champ peu clair qui nourrit Paris. A quand la délocalisation des sièges sociaux en Province ? Michelin s’est distingué en s’implantant à Clermont-Ferrand. Pourquoi toute entreprise se sent obligée, vu les coûts de la vie à Paris, d’installer son siège à Paris ?

Je suis Bretonne mais je voyage, j’ai vécu à l’étranger. J’aime l’Europe. Mais pas cette Europe qui t’oblige à t’uniformiser. Aimer sa région et la défendre n’est pas un acte réactionnaire, c’est un acte légitime et culturel. Politique, je ne sais pas, j’agis selon mes convictions. Mon âme est bretonne. Certes, j’ai été élevée et éduquée à la française mais on ne renie pas son naturel breton. Chaque breton francisé est libre de se  détacher de son éducation gallo-romaine, française et judéo-chrétienne.

Je suis Bretonne et mon histoire n’a pas tout été tout à fait été la même que l’histoire française : Article sur le colonialisme français envers les Bretons

Je suis Bretonne et dans le pays où je suis née, la France, les principes sont beaux sur le papier mais dans les faits sont moins reluisants : Une chronologie de la guerre contre la langue bretonne

Je suis Bretonne, je porterai toujours en moi la Bretagne et j’y mourrai.

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À propos de Sighild

Une Celte passionnée, analysant parfois trop mais pour approcher toujours plus la sagesse, curieuse et toujours avec des idées parfois farfelues. Végéta*ienne, mélomane, poétesse et renouant (autant que possible) avec la Nature et ses cycles. Ce blog est mon repaire, parfois un peu fantasque, échevelé, alambiqué et souvent très spontané. A vegetarian/vegan Celtic lady, roaming on the Earth and a stargazer, passionate, sensitive, sometimes a warrior. This blog is my lair where I play with concepts, words, thoughts and dreams.

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