[Working Girl] Culture de la recherche d’emploi

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ou comment arriver à décrocher un entretien d’embauche devient un parcours du combattant

Voici un billet qui rompt un long silence involontaire. Je m’en excuse encore une fois.

J’aimerais cette fois-ci aborder un sujet qui touche des millions de Français : la recherche d’emploi, vulgairement marmonnée comme « chômage » par la plèbe et même ces chers énarques. Non, je ne suis pas chômeuse mais demandeure (active) d’emploi. Je ne suis ni une pestiférée, ni une cancéreuse, pour singer certains hauts placés qui n’ont jamais connu les affres de la solitude professionnelle, sociale, voire sociétale : Wauquiez ou l\’arrogance du pouvoir envers le chômage

Il est fort inutile d’affirmer que d’entendre ce genre de discours limite populiste (le spectre de 2012 hante déjà nos esprits affamés par la crise financière de 2008) m’a mise dans une colère de type wagnérien et nihiliste. Alors non je ne cèderai pas à certaine sirènes pseudo-romantiques « votons à gauche », car je suis apolitique. Et je tiens à le rester. Néanmoins, force est de constater que la France va de mal en pis, surtout pour les jeunes diplômés, les grands seniors désireux de continuer à travailler (je les salue au passage). Dans un sens, je ne me retrouve pas dans la pire des situations, je le concède un peu timidement. En revanche, l’effrayant selon moi serait de sentir que toute situation est amenée inexorablement à empirer.

On nous traite comme des pestiférés ? Wauquiez sait-il que même des gens qui travaillent et n’ont connu que le SMIC depuis des lustres se retrouvent dans les queues des Restaux du Cœur pour la simple bonne raison qu’ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts ? A-t-il passé un mois avec ces gens discrets mais burinant et trimant comme des mineurs pour faire vivre leur famille et son traités comme de vulgaires statistiques par l’Élysée et leurs vassaux ? Que Wauquiez dénonce des abus et ce qu’une majorité des Français actifs, je veux bien. Qu’ils traitent d’ « assistés » ceux qui n’ont pas demandé à survivre sur un RSA qui fond comme neige au soleil parce qu’ils osent toucher de maigres salaires (alors que la volonté première est de gagner ses propres deniers) ou qui ne trouvent pas de boulot parce qu’on leur dit « Désolé, vous n’êtes pas éligible pour une subvention de votre permis » (je me retrouve dans les situations sus-citées) relève de l’insulte faite à des inférieurs. Or, je ne suis pas une inférieure. Qui a le droit de me traiter de la sorte ?

Ma politique se nomme Liberté. Liberté de penser, de douter, de honnir cette société hautement répressive (néanmoins, cela s’avère nécessaire). Créer, c’est résister. Résister pour survivre, pour trouver une raison de vivre, voire de survivre. Quand je peux voir le spectacle de communication livré par tout politique à la télévision (ou comment consommer de la pensé pré-digérée ou surgelée), je me dis qu’on manque fortement de pragmatisme dans le monde politique français. A quand de vraies actions ? A quand la vérité, des mesures prises avec assurance, honnêteté et transparence ? Le RSA est une fausse solution : discriminatoire pour les jeunes diplômés de moins de 25 ans, il est décevant quand on commence à toucher 200 euros par mois. Peut-on estimer que gagner 200 euros par mois (en estimant que cet argent varie en fonction du mois, des besoins de l’employeur) justifie une baisse de RSA ? NON ! Ce serait considéré cet argent comme du luxe donc on vous coupe un peu votre RSA. Et c’est avec le RSA qu’on va inciter les gens à travailler plus pour gagner plus ? Faites le calcul … Les gens ont compris que le système doit être réformé, ils ne sont pas stupides. Seulement, dès qu’on planifie une réforme, il y aura toujours un syndicat ou des groupuscules pour protéger les privilèges de l’Ancien Régime Moderne.

La recherche d’emploi est devenu une corvée à peine récompensée d’un kopek. Vous voulez vous inscrire sur ces réseaux professionnels. Il est de bon ton d’avoir un compte Premium. Pareil pour passer des annonces sur des sites comme VivaStreet. J’ai même eu le choc de découvrir que pour des sites de co-location, il fallait également payer une vingtaine d’euros pour contacter l’annonceur. Dans quel monde vit-on ? Dans une frénésie mêlée à une volonté féroce de sortir le plus tôt possible de ce statut de demandeur d’emploi, j’envoie des CV à pléthore de sites (que j’oublie le lendemain), je réponds aux offres de Pôle Emploi quand l’offre me correspond (vous voyez une traductrice postuler pour être boulangère ou hôtesse de caisse ? ;)). Récemment, j’ai postulé pour des emplois saisonniers en tant que guide, où j’ai déjà une expérience et même un certificat. Chou blanc : désolée, on prend les anciens stagiaires, etc. Blasée je suis. Tout ceci me laisse sans voix, désenchantée. Mais je ne resterai pas les bras croisés.

Dans toute cette misère socio-professionnelle, je peux me consoler en n’étant pas totalement sur le carreau : j’ai encore mes deux parents, mon frère, des amis, des connaissances d’une association pour demandeurs d’emploi (dans le même style que l’APEC). Puis l’art et la musique. La moindre contrariété (un élève m’envoyant un texto comme quoi il décidait d’arrêter les cours que je lui donnais) peut vous foutre une belle journée avec des doutes comme des boomerangs silencieux et invisibles. L’Ennemi, tapi dans une fêlure de notre Boîte de Pandore personnelle, resurgit tel un volcan et vous retrouvez des brûlures sur un linge propre.

Je finirai ce post inachevé par une pensée personnelle  :

Toute société a besoin de culture, d’écoute, de remises en question. Mais pas de remise en question de solidarité, ni de liberté. J’ai toujours pensé que la culture devait être accessible à tous, même au plus misérable des SDF. Comment peut-on traiter son congénère de cancéreux et de rejet de la société en voulant l’humilier ? Tuer le malade n’enrayera pas la maladie. Enrayer la maladie, c’est avoir le courage de s’attaquer non seulement aux symptômes mais encore plus aux causes.

Je vous laisse la parole.

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À propos de Sighild

Une Celte passionnée, analysant parfois trop mais pour approcher toujours plus la sagesse, curieuse et toujours avec des idées parfois farfelues. Végéta*ienne, mélomane, poétesse et renouant (autant que possible) avec la Nature et ses cycles. Ce blog est mon repaire, parfois un peu fantasque, échevelé, alambiqué et souvent très spontané. A vegetarian/vegan Celtic lady, roaming on the Earth and a stargazer, passionate, sensitive, sometimes a warrior. This blog is my lair where I play with concepts, words, thoughts and dreams.

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