[Working Girl] Traduction juridique en langue rare

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Bonjour à vous chers lecteurs/chères lectrices,

Je me décide enfin à parler un peu plus de mon métier : traductrice/relectrice. Oui, j’accole bel et bien le terme « relectrice » car on l’omet bien trop souvent. Cette omission se révèle symptomatique d’une société d’information (et de désinformation, n’ayons pas peur des mots qui fâchent) où tout défile vite, sans que l’on puisse prendre le temps de traiter l’information dans sa spécificité et sa globalité. Cela me rappelle un titre du Courrier de l’Ouest où une belle faute d’accord du participe passé a déclenché le warning dans mon esprit de petite littéraire/linguiste. Sur le coup, outrée, je me suis dit « Ma grande, tu vas peut-être un jour pouvoir postuler à de grands quotidiens, quand on voit la qualité moyenne des articles du Figaro sur la Toile … » Je pense que je vais clôturer le débat ici, je ne voudrais pas que certaines voix s’acharnent contre mon point de vue, légitime ceci dit en passant 🙂

Revenons à ce métier si passionnant, qui déchaîne les passions et suscite l’admiration presque idolâtre chez les universitaires, conférenciers et autres intellectuels. A contrario, pendant mon stage dans une entreprise de services linguistiques, j’ai bien constaté avec anxiété que nos services de traduction, relecture, mise en page, intégration Web (ce que je ne fais pas encore, mais je le souhaite) sont dévalués pécuniairement et professionnellement parlant. On m’a même proposé de traduire un site web d’une micro-société de consultation juridique pour 1 centime du mot ! Je veux bien admettre que mon statut de  junior ne m’autorise pas d’un point de vue déontologique à exiger un tarif légèrement élevé, mais les compétences deviennent-elles moins chères que gratuit ?

Vous l’aurez bien compris, travailler comme traducteur indépendant, n’est pas de tout repos. En revanche, après des mois de galère,  il paraît qu’on gagne plus qu’un traducteur salarié. Étant une femme, je me dis que j’ai tout intérêt à être mon propre chef, surtout le jour où je porterai la vie. Fort heureusement, le métier de traducteur est majoritairement féminin, à peu de choses près. En revanche, qui tient encore les rênes du haut de la pyramide ? Ce sont encore les hommes ! Je ne ferai aucun commentaire, je constate seulement que les mentalités ont encore du mal à faire bouger les choses. La patience et la persvérance paieront, j’en suis intimement persuadée 🙂

Actuellement, je suis en plein dans une traduction d’un document juridico-administratif, du polonais vers le français. Ce qui est fondamental de savoir dans l’histoire, le polonais se hisse en quatrième langue étrangère dans mon palmarès linguistique. Ce qui fait ma force, outre mes deux séjours d’un total de 11 jours dans les hôpitaux polonais, c’est d’avoir appris la langue dans le pays. Je suis arrivée avec des Polonais en Silésie (région hautement minière et industrielle) et mon premier mois dans ce pays a été l’occasion d’apprendre la langue en intensif (et à l’hôpital aussi), puis à raison de 3 heures par semaine. A l’arrivée, j’ai deux diplômes  et le niveau intermédiaire. Cette traduction n’est pas évidente car malgré une unité d’enseignement de traduction juridique, je ne suis pas une spécialiste. D’ailleurs, je n’ai pas été « éduquée » pour être une spécialiste dans ce champ d’intervention. Néanmoins, je mets du cœur à l’ouvrage. Cette opportunité me force en quelque sorte à développer mes glossaires de langue polonaise et m’offre une belle expérience pour maintenant mon niveau de polonais.

Je peux constater que la traduction, et encore plus l’interprétation, en langues rares constitue un marché croissant pour lequel il faut de plus en plus d’intervenants. Je suis à la fois amusée et frustrée de voir que je ne peux intervenir en thaï, tagalog, edo, vietnamien, ourdou, etc. Il faut bien en laisser pour les autres 😉

Je conclurai ce billet par l’amour sans limites que j’ai pour les langues. Cet amour est resté vivace jusqu’à présent et ne se dément pas. Je voudrais juste ajouter que l’apprentissage des langues prend tout une vie, c’est ce qui démotive et pousse à toujours savoir un peu plus chaque jour. Le plus dur étant de pouvoir les pratiquer, surtout à l’oral, et la France se trouve loin derrière des pays comme la Roumanie et toute l’Europe septentrionale.

Amis lecteurs et amies lectrices, si vous êtes bilingues dans les langues suivantes : espagnol, allemand, polonais, russe et breton; veuillez me laisser un commentaire et partager votre vision du multi-culturalisme et de la traduction (si vous intervenez dans ce métier)

Je vous souhaite une bonne fin de semaine !

Sighild

PS : je préfère éviter certains anglicismes, ne perdons pas notre langue française 🙂

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À propos de Sighild

Une Celte passionnée, analysant parfois trop, curieuse et toujours avec des idées parfois farfelues. Végétarienne, mélomane, poétesse et renouant avec la Nature et ses cycles. Ce blog est mon repaire, parfois un peu fantasque, échevelé, alambiqué et souvent très spontané. A vegetarian Celtic lady, roaming on the Earth and a stargazer, passionate, sensitive, sometimes a warrior. This blog is my lair where I play with concepts, words, thoughts and dreams.

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  1. Bonsoir, ce n’est surement pas l’endroit pour vous envoyer ce message, mais j’ose car votre billet m’a touchée !
    Je suis étudiante en LLCE espagnol (en L3) et me prépare pour une école de traduction (je pensais à l’ITIRI sur Strasbourg) mais je suis assez perdue, car mon cousin qui a 37 ans d’expérience dans le métier m’a averti que la demande est en baisse et le salaire très bas…. (motivant pour tant d’années d’efforts !) mais ne perdant pas courage, je tenais à vous demander ou avez vous étudié pour etre traductrice relectrice, et surtout quel parcours avez vous fait, car je ne sais plus vers quelle langue m’orienter, je pensais à une langue dite « rare » aussi comme les langues slaves qui m’intéressent énormément, mais je ne sais pas vers laquelle me tourner !
    Voilà j’espère que vous aurez quelques conseils à me donner en tout cas et je vous remercie d’avance 🙂

    • Bonjour Lorena et merci d’avoir pris le temps de lire un peu mon blog et d’y ajouter un commentaire ! 🙂

      Vous avez étudié quelles langues jusqu’à présent et à quel niveau ? Si vous avez étudié une langue en autodidacte, je dis chapeau bas !
      Pour mon parcours, j’ai commencé par Lettres Modernes où j’avais pu garder mes trois langues étrangères (anglais/espagnol/allemand), puis j’ai embrayé sur LEA anglais, tout en gardant mes deux autres langues. Je suis partie en Erasmus en Pologne, donc j’ai appris le polonais. Puis j’ai fait un an de russe en M2 à Angers.

      Pour les langues, l’espagnol n’est pas la langue la plus recherchée par les agences de traduction, donc je vous conseille vivement de garder l’anglais. En ce qui concerne les universités, je vous recommande plutôt Rennes 2, Lille 3, , l’IUP de Toulouse et je pense que toutes les universités parisiennes sont bonnes à prendre. Mais je vous déconseille Angers !

      Pour ce qui est des langues rares, à mon humble avis il vous faudrait voir votre attirance pour une langue donnée et les langues rares les plus porteuses. Etant demandeur d’emploi, j’ai eu des langues africaines, quelques langues asiatiques. Je ne pense pas qu’étudier une langue scandinave serait vraiment utile, mais les langues slaves se développent oui 🙂

      Pour ce qui est des langues slaves, nous pouvons en parler par mail 😉

  2. Je dirais qu´il est fort intéressant d´apprendre des langues rares. Cela permet d´avoir beaucoup plus de valeur sur le marché. Effectivement, l´espagnol ne « vaut » pas énorme sur le marché de la traduction et il vaut mieux s´orienter vers des langues peut parler.
    La difficulté est de trouver un cursus adapté pour apprendre correctement une langue.
    Le grand avantage est ensuite de pouvoir se faire un carnet d´adresse rapidement.

    Pour la plupart des traducteurs indépendants, il est dur de trouver du travail. Beaucoup passe par des agences web qui font l´intermédiaire entre clients et traducteurs lorsqu´ils se lancent. Ensuite, il faut faire en sorte d´avoir de plus en plus de contact…

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