Le métier de traducteur/rice

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Enfin un article que je poste et qui rejoint la thématique ou la problématique qui a fait naître ce blog : le métier de traducteur/rice

Métier adulé par certains (surtout en université), ignoré par beaucoup, très méconnu et méprisé par les entreprises, ce métier prend de l’ampleur et de l’importance au sein du monde du travail et de l’économie et de la communication mondiale, surtout d’entreprise.

Cette branche de métier a des activités parallèles qui lui sont très liées : la vectorisation (pour les langues aux alphabets non-latins), la PAO, la préparation de fichiers et de supports, et last but not least : la gestion de projets.

La gestion de projet, que je n’ai pas vraiment eu l’occasion de tâter et de tester, est le haut de la pyramide quand on entreprend des études de traduction. Et pourtant … Dans mon université, nous avons à tout casser 22 heures de cours pour un seul semestre avant de partir en stage.

Au premier abord, j’ai trouvé que la gestion de projet pour le domaine de la traduction ressemblait à du secrétariat avec plus de responsabilités envers le supérieur hiérarchique et le client, qui ne connaît finalement que peu de choses au pourquoi du comment de la traduction (et là aussi on omet toute la partie de « post-production » d’une traduction).

Puis ce que j’en ai vu et entendu lors de mon stage m’a fait ouvrir les yeux. Toutefois, je ne trouve pas vraiment attirant ce métier. Pourquoi ? A la base, nous voulons tous traduire et être reconnus comme de bons traducteurs réputés et bien payés. Or, quand vous voulez être traducteur salarié dans votre pays natal, au final, vous devenez gestionnaire de projets ou chef de projets.

Il faut aller en amont pour mieux se rendre compte de la place des diverses fonctions dans ce monde un peu particulier et tributaire des lois du marché et de sa demande parfois aléatoire.

Une entreprise fait appel à une agence de traduction. Elle lui parle du projet et va d’abord chercher plusieurs agences pour comparer le niveau de sérieux, de compétences, de qualité, de réactivité. Une entreprise aime être suivi et qu’on obéisse à un glossaire pré-établi et validé par le client. Car chaque client a sa propre terminologie, son propre langage.

Une fois que l’entreprise a trouvé une bonne agence de traduction qui lui paraît rapide et fiable, l’agence lui envoie un devis descriptif. Ce devis est en attente de validation par le client. Le client décide de valider, le chef de projet téléphone pour savoir s’il a bien reçu le devis et s’il lui convient.

Pour résumer clairement, le chef de projet est le responsable du projet entre le client qui demande une traduction, et le fournisseur, qui n’est que le traducteur externe, un indépendant.

Pourquoi parler de traducteur indépendant ? Tout simplement que les traducteurs internes ne traduisent pas toujours les projets (manque de disponibilité, pas leur domaine de compétence, etc), et coûtent plus chers qu’un indépendant. C’est à ce moment-là que l’agence de traduction se fait une marge : il faut bien qu’elle vive !

Retour à la gestion de projet. Une fois le devis passé, le chef de projet regarde dans sa base de donnée quel traducteur externe peut traduire tel projet d’une langue source à une langue cible donnée. Un même projet de n’importe quel volume peut être traduit vers plusieurs langues.

Avant d’envoyer le projet, le chef de projet doit l’extraire, le traiter et le préparer pour envoi au traducteur. Puis le chef envoie des mails ou téléphone au traducteur pour s’assurer que la traduction sera rendue à temps. Car le temps c’est de l’argent et la réputation d’une agence se joue sur le respect des délais, entre autres !

Puis la traduction envoyée au chef de projet, elle passe en révision/relecture. Ce processus est moins long quand le traducteur est bon et traduit souvent pour ce même client. Une fois la traduction relue et parfois corrigée, elle doit être mise en page, voire intégrée dans une page Web si le client veut faire traduire un site Internet. Certains clients demandent une traduction en format PowerPoint, surtout s’il s’agit de documents confidentiels internes à l’entreprise.

La traduction a fait un bond phénoménal avec les dernières avancées de la technologie bureautique et Internet. Elle est désormais très dépendante des ressources en ligne pour les dictionnaires et les glossaires ou autres plateformes d’aide à la traduction. Non seulement la technologie lui a donné un coup de pouce immense, mais l’exigence des clients a elle aussi pris un envol sur lequel les agences doivent s’aligner. Composer avec les avancées technologiques parfois défaillantes et les exigences du client (qui ne se rend pas toujours compte de la complexité de la gestion de tous les aspects de la traduction et de sa livraison) est lot quotidien des chefs de projet.

Passons au profil du chef de projet : quelles sont les qualités et les compétences demandées et indispensables ?

Je vous épargnerai mes cours en la matière. Personnellement, je dirais qu’il doit être honnête, compétent, modeste, réfléchi, calme, précis, ordonné, savoir communiquer, avoir une bonne culture générale, savoir s’organiser et hiérarchiser ses tâches, etc.

On retrouve bien sûr la gestion de projet dans tous les métiers je crois. Bizarrement, il aura fallu attendre l’entrée en Master 2 Métiers de la Traduction pour découvrir ce métier, qui peut être assez différente d’une branche à une autre. Je serais curieuse de voir ce que ça donne dans d’autres branches justement !

A la question : souhaites-tu devenir traductrice indépendante ou salariée, j’ai répondu salariée. Au fur et à mesure que j’avance dans le stage, je me demande si c’est vraiment comme cela que je souhaite travailler au quotidien.

Le stage n’est certes qu’une étape (selon si on tombe dans une bonne agence etc) mais une pierre d’achoppement pour le début d’une carrière. Force est de constater que je commence à avoir des doutes sur beaucoup d’aspect et sur la propre volonté à devenir traductrice salariée.

Premier constat : il faudrait que je parte à l’étranger pour approfondir mes connaissances linguistiques. Cette expérience n’est pas seulement linguistique, mais culturelle. Je doute que tous les traducteurs français restent toute leur vie traducteur à l’étranger, sauf s’ils se mettent à leur compte dans des pays où le coût de la vie est bien moindre (exemple : l’Argentine, où certains traducteurs scandinaves vivent. Et oui, LOI DU MARCHE ! )

Deuxième constat : la traduction automatique aide beaucoup les traducteurs et les chefs de projet. A la base, elle a été conçue pour les gens qui n’y connaissent pas grand chose en langues pour avoir une idée d’un contenu Web ou papier. Dorénavant, les agences ont en leur sein surtout un PDG, un ou deux commerciaux, et surtout des chefs de projet qui sont traducteurs. Et même, certains n’ont aucune formation préalable en traduction car ils sont purement bilingues. Constat qui n’est pas très plaisant : à quoi ça sert de se décarcasser à payer des études chères pour au final être payés à coup de trique ?

Troisième constat : le chômage, l’intermittence, l’intérim, les CDD. Pour finir dans un métier encore inconnu qui sera peut-être différent du premier métier rêvé ?

Wait and see !

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À propos de Sighild

Une Celte passionnée, analysant parfois trop, curieuse et toujours avec des idées parfois farfelues. Végétarienne, mélomane, poétesse et renouant avec la Nature et ses cycles. Ce blog est mon repaire, parfois un peu fantasque, échevelé, alambiqué et souvent très spontané. A vegetarian Celtic lady, roaming on the Earth and a stargazer, passionate, sensitive, sometimes a warrior. This blog is my lair where I play with concepts, words, thoughts and dreams.

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